Hommage à Ali Jâbir 1952.2005

« Sa voix nous laissait sans voix
Modeste, pieux, silencieux et sage
Pour les jeunes et les imams il était une voie
Il nous laissa des enseignements et bon nombre de messages … ».

NûrDîn Hamza

Cher/Chère lecteur(trice), je dépense ces moments pour vous remémorer le décès de mon frère aimé, le cheikh Alî Jâbir, décédé en 2005.

Le Cheikh Ali Jâbir devint célèbre au début des années 80 grâce à sa voix qu’Allah lui a octroyé. Il faisait partie d’une famille pieuse et d’une tribu réputée pour sa lutte contre le faux et les innovations.
Notre aimé cheikh est né à Jeddah en 1373 Hégire (1953).
A l’âge de 5 ans, il alla à Médine avec son père pour y vivre, il mémorisa le Coran à l’âge de 15 ans.
La globalité de ses études a été établie à Médine, et pour ce qui est de son année universitaire, il a réussi ses examens avec mention (« imtiyâz »).
Ses professeurs étaient:
-Notre aimé frère et père AbdAzîz Ibn Bâz, ainsi que le cheikh Mohamed Jaknî Ash-Shanqîtî[…].
Il fut désigné « imam du roi Khâlid Ibn AbdAzîz ». Le cheikh AbdAllah Basfar disait que lorsque notre aimé imam Ibn Bâz entendit une fois la voix de Ali Jâbir à la radio, il fut touché et proposa (exigea) qu’il soit imam à la Mecque. Le roi Saoudien le nomma « imam de La Mecque » de 1401 à 1409 (1980 à 1988). Il n’était pas de ceux qui voulaient être imam de cette fameuse mosquée, mais le décret divin à parlé, ce, après avoir été imam à la mosquée Al-Ghamâma à Médine, la mosquée As-Sabq.
Il débuta sa première prière à La Mecque le 23 Ramadan 1401, ce fut une surprise pour lui et pour les musulmans se trouvant dans ce lieu saint.
En 1403, il demanda la permission de ne plus être l’imam de la Mecque car il voulait retourner à Médine pour re-enseigner à l’université. De plus, par sa bonne moralité, il voulait rester au chevet de sa mère. Egalement, il disait :

« Être imam est une responsabilité énorme, surtout être imam de la Sainte Mosquée ».
En 1982, l’université l’envoie au Canada pour qu’il apprenne l’Anglais, c’est aussi là-bas qu’il enregistrera le Coran (en studio, celui qui est écouté aujourd’hui).
En 1985, l’émir Sultan Ibn AbdAzîz lui demande de diriger à nouveau les prières nocturnes du Ramadan, il en est de même pour l’année 1986, l’année ou il obtint son doctorat à Riyad (22.09.1407).
Après cela, il fut enseignant à l’université de Jeddah la même année sur « Al Fiqh al Moqârin », parmi ses élèves, on peut citer le fameux cheikh Hânî Rifâi.
En 1989, il n’est plus imam à La Mecque, il prie les Tarâwîhs dans une mosquée près de chez lui à Jeddah (Masjid Baqshân), il ne voulait pas diriger les prière, mais toutes les fois qu’il était présent dans une mosquée, on le « poussait » vers le mihrab pour qu’il dirige la prière, c’est-ce qu’il fit, même pour les 5 prières jusqu’à ce qu’il tomba malade.

Pour ce qui est de sa vision sur le Coran, il disait : « Le but premier du Coran n’est pas de le chanter et de lui donner une belle voix, mais il doit être appliqué dans la vie des humains ». Il voulait que les gens lisent le Coran, mais surtout qu’ils l’appliquent, le méditent et le comprennent. Malgré cette humilité, il avait une voix qui secouait les cœurs de toute personne de tout âge. Beaucoup se sont repentit en entendant sa voix, ce, grâce aux prières à La Mecque, les diffusions à la TV, radio et enregistrements cassettes. Sur ce qui est de la voix, il est d’accord pour dire qu’elle a un effet positif sur les cœurs des croyants et que le lecteur doit offrir au Coran une belle voix.
Il était très modeste, ne se considérait pas comme un savant sachant qu’il était très fort dans la science islamique, il était très pudique et beaucoup silencieux, il s’éloignait des bruits du mal, il parlait d’une voix douce et compréhensible.
Il était également connu pour son ascétisme. Il avait une petite demeure modeste, mais il devait en construire une autre car avec ses enfants, ce qu’il avait ne lui suffisait pas. Il agrandissait une de ses maisons et ne l’a pas achevée, elle est restée ainsi pendant des années sans soliciter de l’aide, alors qu’il pouvait, avec les connaissances qu’il avait et les personnes qui l’aimait, construire un palais, mais comme on le dit : « nous avons affaire avec une perle rare ».
Comme nous l’avons dit plus haut, il ne voulait pas assumer de grandes responsabilités. Ainsi, il ne voulait pas être juge, ni imam de La Mecque, pour lui, il s’agissait d’une « wilayatun Sughrâ »(petit pouvoir). Ses amis lui ont demandés des explications quant à ses choix et il leur disait que l’imamat à La Mecque lui a été en quelque sorte imposée alors qu’il ne la voulait pas, il « avait peur » comme il est dit, d’assumer tant de tâches qui étaient, selon lui, susceptibles de l’attrister le Jour du Jugement.

[A titre personnel, j’ai « connu » le cheikh Alî Jâbir comme beaucoup de musulmans, c-à-d à la TV sur une chaîne nommée MBC. Mon père et mon oncle enregistraient les lectures de Coran et les pages qui défilaient au cours de la récitation. Je me souviens que vers l’âge de 8 à 10 ans, je me mettais devant l’écran télévisé en essayant de suivre l’imam avec ces pages défilantes sachant que je ne savait lire aucune lettre en arabe, de surplus, sa voix m’émerveillait.

[ En 2004, je suis allé au Bourget dans une rencontre annuelle des musulmans de France et j’ai prié derrière le Cheikh Basfar. Pendant qu’il psalmodiait le Coran, sa voix me disait quelque chose. Je me disait : « C’est l’imam que j’écoutait avec plaisir quand j’étais petit! ».
Mais après les mois et les années, j’ai découvert que « Basfar n’était pas Alî Jâbir » . Par la suite, j’ai découvert que Basfar connaissait Alî Jâbir
].

Aujourd’hui, Ali Jâbir est avec nous grâce à ce qui a été enregistré comme audios et vidéos, et personnellement, j’ai profondément été touché par ses lectures, je ne pense pas être le seul à penser cela.

Je vous conseille également de télécharger ses lectures lors des Tarawihs 1414, et surtout la sourate Yûssuf
www.alijaber.net/t.html n°88

www.alijaber.net

Catégories : Ali Jâbir, La Mecque, Mort, Nashid, Vie des imams & des pieux | Un commentaire

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Une réflexion sur “Hommage à Ali Jâbir 1952.2005

  1. Aicha

    Salam alaycom wa rahmatollah,

    Je ne connaissais pas son histoire,ni son nom,seulement sa voix très prenante…elle me rappelle mon enfance surtout pendant les trajet en voiture chaque été pour aller au Maroc,cette voix nous fesais mediter pendant notre periode d’insouciance…

    C’est vrai quel est assez similaire à celle de cheikh Abdullah Basfar.

    Qu’Allah swt lui accorde le paradis,janat al firdaws inchaAllah,amine.

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