Valeur du mois de Chaabân

« Ô Allah ! Bénis-nous les mois de Rajab et de Chaabân et fais-nous parvenir au mois du Ramadan !« 

À l’occasion de l’entrée du mois de Chaabân, qui précède le mois de Ramadan, je vous ai choisis cet article:

« D’après l’Imam Ahmed et Nasâî, selon Usâma ibn Zayd, le Messager de Dieu jeûnait certains jours d’affilés à tel point que nous pensions qu’il ne s’arrêtait jamais, et il mangeait certains jours d’affilés à tel point qu’il ne jeûnait plus si ce n’est deux jours par semaine. Il les consacrait séparément au jeûne en dehors des périodes où il jeûnait. Il n’y a pas un mois où il se consacrait le plus au jeûne que pendant Chaabân. Je lui posais la question à ce sujet :

« Cher Messager d’Allah ! Tu te consacres au jeûne à tel point que tu ne le romps pratiquement plus ; et tu interromps le jeûne à tel point que tu ne t’y consacres pratiquement plus si ce n’est deux jours que tu consacres séparément au jeûne en dehors des périodes où tu jeûnes.

_ Quels sont ces deux jours ? demanda-t-il.

_ Le lundi et le jeudi lui! Répondis-je.

_ Au cours de ces deux jours, les œuvres sont exposées au Seigneur de l’univers, et j’aime être en état de jeûne lorsque mes œuvres Lui sont exposées.

_ Je ne te vois pas autant jeûner les autres mois que pendant celui de Chaabân! Dis-je

_ Les gens oublient ce mois qui se trouve entre Rajab et Ramadan. C’est pourtant le mois au cours duquel les œuvres montent vers le Seigneur de l’Univers, et j’aime être en état de jeûne lorsque mes œuvres Lui sont montées». (Rapporté par Ahmed dans son Musnad et Nasâî)


 Ainsi, il n’y a pas un mois en dehors du mois prescrit, où le Prophète  jeûnait le plus que celui de Chaabân. Il y jeûnait pratiquement (ou probablement) tout le mois. Cependant, il ne lui plaisait pas que l’on puisse jeûner tous les jours de l’année sans interruption. Il disait même que la meilleure façon de jeûner était celle du prophète David qui jeûnait un jour sur deux. Or, selon Abû Hurayra, le Messager de Dieu a interdit de jeûner la deuxième moitié de Chaabân, ce qui semble (du moins en apparence) contradictoire avec le Hadith précédemment cité.

Plusieurs hypothèses ont été soulevées par les savants pour résoudre cette question. En réalité, les textes concordent, car l’interdiction précédemment évoquée concerne uniquement celui qui voudrait commencer à jeûner à partir du milieu de Chaabân.

Quant à celui qui jeûne pendant tout le mois ou presque, il n’est pas concerné par cette interdiction.


Prier la nuit du milieu du mois de Chaabân est permis, si on le fait seul ou au milieu d’une assemblée privée comme certains anciens le faisaient. Mais de là à se réunir dans les mosquées pour effectuer une prière déterminée comme la prière aux cent Rak’a au cours de laquelle on récite mille fois à chacune d’entre elles : (Qoul Houa Allah Ahad), c’est une innovation qu’aucune référence parmi les anciens n’a recommandé de faire.

Quant au fait de jeûner le lendemain de cette fameuse nuit, rien n’empêche de faire les trois jours de jeûne que le Prophète a préconisé chaque mois ou bien de jeûner la majeure partie du mois, ou encore le mois entier. Un certain Hadith pose néanmoins problème pour les deux derniers points.

D’après el Bukhârî et Muslim en effet, selon Abû Hurayra, le Prophète a déclaré : « Ne devancez pas le Ramadan d’un jour ou deux, sauf pour celui qui doit accomplir un jour de jeûne».  Pour mieux comprendre le problème, il faut savoir que trois cas de figure sont possibles ici et que chaque cas détient un statut particulier.

 

Premièrement : le fait de jeûner le dernier jour de Chaabân par précaution afin de ne pas rater éventuellement le premier jour du Ramadan si la nuit du doute n’annonce rien. Cela est strictement interdit bien que certains Compagnons –qui vraisemblablement ne connaissaient pas le texte en question – le faisaient. Toutefois, Ibn ‘Omar (que l’Imam Ahmed imitait) faisait la distinction entre la nuit du 29e jour de Chaabân où il y avait des nuages, et la nuit sans nuages.

Deuxièmement : faire le jeûne pour celui qui doit s’acquitter d’un vœu, ou qui veut récupérer un jour manqué du Ramadan passé, ou encore qui est soumis à des jours d’expiation, etc. Dans ce cas, il est possible de le faire pour la majorité des savants. Par contre, il est interdit de le faire selon une tendance parmi certains anciens qui exige de laisser un espace d’au moins un jour dans l’absolu entre Chaabân et Ramadan. On relate (bien que cela soit sujet à discussion) qu’Abû Hanîfa et Shâfi’î notamment déconseillaient de le faire.

Troisièmement : prendre le 29 Chaabân comme un jour de jeûne facultatif. Les savants, à l’instar d’Al Hassan, considérant qu’il faille laisser une durée entre Chaabân et Ramadan, déconseillent de le faire. Mâlik et les savants en accord avec lui ont donné la permission de jeûner à celui dont le jour de jeûne tombe le vingt-neuf. Shâfi’î, Al Awzâ’î, Ahmed et d’autres distinguent toutefois entre un jour de jeûne fait par habitude et un jour de jeûne quelconque. Il est pertinent de distinguer également entre celui qui jeûnait plus de deux jours avant la fin du mois et qui voudrait introduire sans interruption ses jours de jeûne avec le mois de Ramadan. Cette pratique est possible sauf aux yeux de ceux qui déconseillent de jeûner à toute personne qui commencerait ses jours à partir de la deuxième moitié de Chaabân compte tenu du texte sur la question venant l’interdire. Par contre, si quelqu’un jeûnait déjà au cours de la première moitié du mois, il lui est possible de continuer de le faire jusqu’à la fin du mois.

En résumé, de nombreux savants estiment que le Hadith d’Abû Hurayra précédemment cité est en vigueur. Par conséquent, il est déconseillé de jeûner facultativement un jour ou deux avant le début du Ramadan sauf pour celui qui le fait par habitude ou pour celui qui a décidé de jeûner pendant tout Chaabân. Par ailleurs, les savants ont cherché la raison pour laquelle, il fut interdit de jeûner un jour ou deux avant le mois du jeûne. Trois hypothèses ont été retenues :

La première : c’est pour éviter de faire des jours de Ramadan supplémentaires.

La deuxième : c’est pour distinguer entre les jours de jeûnes obligatoires et les jours facultatifs.

La troisième qui est la moins pertinente : c’est en vue de garder ses forces pour le mois prescrit.

Malheureusement, certains peuvent s’imaginer que ces deux fameux jours servent à faire les provisions de nourritures pour imiter certaines coutumes, et pour beaucoup d’entre eux, ils servent à faire ses provisions de péchés !

Il est aussi navrant de constater que certains trouvent que le Ramadan est pénible en raison des rituels comme la prière et le jeûne qui y sont prescrits. Beaucoup de gens prennent la peine de prier uniquement à l’occasion de ce mois bénit. Beaucoup renonce notamment aux grands péchés au cours de cette période qu’ils peuvent trouver longue et difficile. Ils passent ainsi leur temps à compter les jours et les nuits en quête de retrouver les plaisirs qu’ils ont perdus durant un mois. En fait, ils ont pleine conscience qu’ils n’évoluent pas et qu’ils n’ont aucune volonté sincère de repentir. En cela, ces gens-là sont perdus ! Quoiqu’ils ne soient pas les pires, car certains n’attendent pas la fin du mois pour se vouer à la débauche…

Source: http://www.islamhouse.com

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